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Remaniement ministériel : La copie est d’Aziz!
Nouakchott, 06-04-2010 (NE)
«Sur proposition du Premier Ministre, la Présidence de la République a, par décret, nommé…», voici une rhétorique qui ne se justifie pas toujours. Il faut sous-entendre dans ce communiqué que «la Présidence de la République a, par décret, nommé et demandé au Premier Ministre de prendre contact avec les nouveaux venus dans son équipe…». Une mini secousse vient de frapper l’équipe de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. L’essentiel des ministres remerciés ont appris la nouvelle en même temps que certains hommes de la rue. Seul, Aziz, le président des pauvres et d’un pays qui s’appauvrit de jour en jour a l’explication du limogeage de ces ministres.
L’opinion attendait plutôt le départ du Premier Ministre, lui-même, et «sa» ministre de la Culture qui ont accumulé des bourdes et des bévues tous ces derniers temps. Un Premier Ministre qui semble avoir la guigne, car jamais la Mauritanie n’a connu période de désarroi comme celle de l’époque de Ould Mohamed Laghdaf. Ainsi, la copie de Mohamed Ould Abdel Aziz, aussi surprenant que cela puisse paraître, se présente de la sorte : Ministre de la justice : Maître Abidine Ould El Kheir qui prend la place de Baha Ould Ameida.
Le Pétrole change de titulaire (en attendant qu’il change quelque chose à la vie des citoyens), celui qui occupait ce poste cédant la place à Wane Ibrahima Lamine, et va au ministère des Finances. Le ministre des Finances, Mr Kane Ousmane, lui, est limogé (lui qui était sans doute l’une des rares satisfactions de l’attelage gouvernemental); la rumeur estimant qu’il aurait perdu le bras de fer engagé entre lui et le Premier Ministre depuis quelques mois. La goutte qui aurait fait déborder le vase entre les deux hommes remonterait d’il y a quelques jours quand le PM avait envoyé une note-instruction en arabe à Mr Kane, et qui était restée sans suite. Le torchon continuant de brûler entre, d’une part, « le cadre compétent » et, de l’autre, « l’ami du Président », Ould Abdel Aziz a donc choisi le camp de son ami… Dr Coumba Bâ, elle, perd en grade : elle quitte l’important ministère de la Fonction Publique pour une nouvelle création (décharge?), le Ministère Délégué auprès du Premier Ministre en charge des Affaires Africaines. Une manière ou une autre de ménager l’amour-propre de «la dame de Kaédi» et lui éviter, par la même occasion, une traversée du désert plutôt prématurée, Dr Coumba étant aussi un soutien politique non négligeable au moment où l’UPR entame une implantation de tous les dangers.
Enfin, cette petite tempête dans le verre d’eau de la charrette laghdafienne voit l’arrivée d’un avocat, Maître Hamdi Ould Mahjoub, transfuge du RFD et ancien maire de Nouadibou, qui hérite du fauteuil peu moelleux du ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement, et Ba Alhousseynou qui remplace (au pied levé?) au ministère délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement le Dr Idrissa Diarra qui prend le chemin du garage, son départ n’ayant rien à voir, paraît-il, avec les fortes pluies qui avaient noyé les déménagés de Hay Sakin à Leghreiga. La question que tout le monde se pose après le premier ajustement d’un gouvernement qui ahane est de savoir ce que fait encore là Ould Mohamed Laghdaf lui-même et Mme Cissé Mint Cheikh Ould Boida, la très peu cultivée ministre de la Culture qui, après sa bourde sur les «dialectes et les langues», devrait tout au plus hériter de la SONADER où, peut-être, elle ferait mieux… en cultivant des pommes de terre.








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