Plan d’urgence contre les effets de la sécheresse: 45 Milliards d’UM pour sauver le monde rural !

Nouakchott, 16-11-2011 (L'Authentique)

<p>Le gouvernement vient d&rsquo;annoncer des mesures importantes pour faire face aux cons&eacute;quences de la s&egrave;cheresse sur le monde rural. R&eacute;action tardive selon l&rsquo;opposition qui trouve que la date pr&eacute;vue pour lancer le programme en janvier 2012 lui &ocirc;te le sceau d&rsquo;urgence et prouve que le r&eacute;gime de Mohamed Ould Abdel Aziz reste insensible aux souffrances des populations et de leur b&eacute;tail.<br />
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Le Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a d&eacute;voil&eacute; au cours d&rsquo;une conf&eacute;rence de presse anim&eacute;e jeudi 10 novembre dernier, un plan d&rsquo;intervention destin&eacute;e &agrave; juguler les effets mena&ccedil;ants de la s&egrave;cheresse sur les populations rurales pour une enveloppe de 45 Milliards d&rsquo;UM, soit l&rsquo;&eacute;quivalent de 157 Millions de dollars U.S.<br />
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Le PM dira au cours de son intervention, que le gouvernement attendait la fin de l&rsquo;hivernage, intervenu en octobre dernier, pour dresser un bilan de la campagne agricole et de l&rsquo;&eacute;tat du cheptel national afin d&rsquo;ajuster ses interventions.<br />
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Ce serait au regard de cette &eacute;valuation qui aurait port&eacute; sur l&rsquo;ensemble du territoire national que l&rsquo;Etat a arr&ecirc;t&eacute; un programme destin&eacute; &agrave; combler le d&eacute;ficit constat&eacute; sur le plan alimentaire aussi bien pour les populations que leur b&eacute;tail, deux piliers de l&rsquo;&eacute;conomie nationale, pr&eacute;cisera-t-il.<br />
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Le PM a par ailleurs soulign&eacute; que le programme d&rsquo;intervention arr&ecirc;t&eacute; par les pouvoirs publics tourne autour de deux axes essentiels. Il s&rsquo;agit de la s&eacute;curit&eacute; alimentaire des populations &agrave; travers l&rsquo;Op&eacute;ration de Solidarit&eacute; 2011 et dont les r&eacute;sultats ont &eacute;t&eacute; selon lui appr&eacute;ciables, dans la mesure o&ugrave; elle avait permis l&rsquo;ouverture de quelques 2.387 boutiques qui offraient par jour des produits alimentaires de base &agrave; prix concurrentiel au profit de 800.000 citoyens mauritaniens parmi les plus vuln&eacute;rables.<br />
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Le deuxi&egrave;me axe concerne le cheptel et la n&eacute;cessit&eacute; de le pr&eacute;server eu &eacute;gard &agrave; son importance qui se traduit par sa participation &agrave; hauteur de 13% du PIB. Il s&rsquo;agira de fournir des aliments de b&eacute;tail &agrave; bas prix sur l&rsquo;ensemble du territoire national, avec pour cible principal le monde rural. Il est &eacute;galement pr&eacute;vu dans ce volet la r&eacute;alisation de forages dans les zones pastorales qui en sont d&eacute;pourvue ainsi qu&rsquo;une vaste campagne de vaccination animale.<br />
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Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a promis par ailleurs que toutes ces mesures seront entreprises le plus rapidement possible. L&rsquo;enveloppe mobilis&eacute;e &agrave; cet &eacute;gard est de 45 Milliards d&rsquo;UM, soit 157 Millions de dollars U.S. Un appel a &eacute;t&eacute; lanc&eacute; &agrave; cet &eacute;gard aux partenaires internationaux pour aider la Mauritanie &agrave; financer cet ambitieux programme pour lequel l&rsquo;Etat a mobilis&eacute; tous ses moyens.<br />
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Le d&eacute;but de ce programme d&rsquo;intervention est pr&eacute;vu en janvier 2012, selon la date avanc&eacute;e par le Premier ministre. Bien que l&rsquo;op&eacute;ration devra cibler l&rsquo;ensemble des r&eacute;gions, le PM a pr&eacute;cis&eacute; que des efforts plus soutenus seront r&eacute;serv&eacute;s &agrave; des zones jug&eacute;es les plus expos&eacute;es, telles que le Trarza, la partie Nord de la r&eacute;gion du Brakna, de l&rsquo;Assaba, du Hodh Gharbi, une partie du Guidimagha et du Hodh Charghi sens&eacute;es avoir &eacute;t&eacute; peu arros&eacute;es durant l&rsquo;hivernage pass&eacute;.<br />
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&quot;Le gouvernement insensible face au drame &quot;<br />
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Cette premi&egrave;re sortie du gouvernement depuis l&rsquo;alarme lanc&eacute;e par des partis de l&rsquo;opposition et la FAO il y a quelques mois, a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e tardive par plusieurs observateurs. Elle serait intervenue comme une r&eacute;ponse au point de presse donn&eacute; la veille par le principal parti de l&rsquo;opposition, le Rassemblement des Forces D&eacute;mocratiques (RFD).<br />
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En effet, au cours d&rsquo;une rencontre avec la presse mercredi 9 novembre dernier, le pr&eacute;sident du parti, Ahmed Ould Daddah, avait s&eacute;v&egrave;rement critiqu&eacute; le gouvernement pour son silence coupable et son indiff&eacute;rence face &agrave; la menace de la s&eacute;cheresse sur la vie des populations. Pour Ould Daddah l&rsquo;insuffisance des pluies cette ann&eacute;e a entra&icirc;n&eacute; une diminution drastique de la capacit&eacute; alimentaire du monde rural, devenant du coup une s&eacute;rieuse menace pour le cheptel. Selon lui, l&rsquo;&eacute;tape est dangereuse, rappelant l&rsquo;alarme que son parti a d&eacute;j&agrave; lanc&eacute;e en ao&ucirc;t dernier.<br />
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Ahmed Ould Daddah a par la suite r&eacute;v&eacute;l&eacute; avoir demand&eacute; &agrave; une haute personnalit&eacute; fran&ccedil;aise l&rsquo;intervention directe de la France et par del&agrave; de l&rsquo;Union europ&eacute;enne pour aider la Mauritanie &agrave; surmonter les s&eacute;quelles de la s&egrave;cheresse de cette ann&eacute;e. Il a pr&eacute;cis&eacute; que 80 % des Mauritaniens vivent de l&rsquo;&eacute;conomie rurale, dont les ressources sont selon pr&eacute;cieuses, car renouvelables. Cette &eacute;conomie, dira-t-elle, doit &ecirc;tre pr&eacute;serv&eacute;e d&rsquo;autant qu&rsquo;elle est la seule &agrave; assurer &agrave; cette frange importante de la population des revenus substantiels sans avoir &agrave; attendre une hypoth&eacute;tique r&eacute;partition des richesses mini&egrave;res ou maritimes.<br />
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Tout comme le Premier ministre apr&egrave;s lui, Ahmed Ould Daddah avait lanc&eacute; un appel au secours &agrave; la communaut&eacute; internationale, notamment les amis et partenaires de la Mauritanie pour qu&rsquo;ils aident ce pays &agrave; travers les programmes internationaux con&ccedil;us pour ce genre de crise ; cet appel a &eacute;t&eacute; &eacute;galement adress&eacute; aux forces vives du pays.<br />
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Ould Daddah avait profit&eacute; de l&rsquo;occasion pour critiquer l&rsquo;attitude du pouvoir face au drame du monde rural, s&rsquo;attaquant &agrave; la politique Aziz&eacute;enne hostile &agrave; toute programmation et &agrave; toute planification pour pr&eacute;venir ce genre de drame. Il s&rsquo;est particuli&egrave;rement attaqu&eacute; &agrave; la persistance de la gabegie et de la mauvaise gouvernance au sein de l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat, relevant la faible capacit&eacute; d&rsquo;absorption de l&rsquo;&eacute;conomie mauritanienne due &agrave; l&rsquo;absence de comp&eacute;tences au niveau des secteurs concern&eacute;s, ainsi que la mauvaise r&eacute;putation sur le plan international que le gouvernement mauritanien est parvenu &agrave; s&rsquo;encombrer.<br />
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Il citera &agrave; cet &eacute;gard l&rsquo;utilisation non encore &eacute;tay&eacute;e des 50 millions de dollars U.S que l&rsquo;Arabie Saoudite avait accord&eacute;s &agrave; la Mauritanie, mais aussi le non respect par le gouvernement de ses ressortissants &eacute;tablis &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, ainsi que le sort peu enviable des Mauritaniens forc&eacute;s au retour dans leur pays, comme c&rsquo;est le cas des Mauritaniens rapatri&eacute;s de Libye, de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et des Emirats Rabes Unis.<br />
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S&rsquo;exprimant sur le programme d&rsquo;urgence que le gouvernement a mis en place, pour juguler &agrave; hauteur de 45 milliards de dollars les effets de la s&egrave;cheresse, Ahmed Ould Daddah a port&eacute; des r&eacute;serves, estimant qu&rsquo;il aurait &eacute;t&eacute; plus judicieux de pr&eacute;ciser les quantit&eacute;s d&rsquo;aliments &agrave; importer, leur qualit&eacute; plut&ocirc;t que d&rsquo;avancer des chiffres qui ne veulent rien dire. Selon lui, l&rsquo;absence de transparence dans ce programme suscite peu d&rsquo;optimisme quant aux d&eacute;clarations avanc&eacute;es par le gouvernement.<br />
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Cheikh A&iuml;dara.<br />
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