L’administration : Quand la pagaille devient un mode d’emploi

Nouakchott, 06-04-2010 (NE)

Deux mois de salaires impayés. Ils sont fonctionnaires de l’Etat, des pères de famille, des chefs de ménages qui ploient sous le fardeau du dénuement à cause des erreurs administratives de leurs différents départements.

Il y a quelques mois, pour une prétendue lutte contre les fonctionnaires fictifs qui grèvent dangereusement et injustement le budget de l’Etat, les pouvoirs publics avaient engagé un recensement de tous les fonctionnaires de la Fonction Publique pour mettre à sa disposition des données vérifiables et fiables du nombre exact des employés de l’Etat. Hélas, la montagne avait accouché d’un petit rat : l’identification des fonctionnaires et agents de l’Etat n’ayant engendré que des problèmes supplémentaires sans compter ceux qu’elle était censée résoudre. Plusieurs fonctionnaires recensés ont été tout simplement omis de la base des données et ont vu leurs salaires suspendus à la veille même de la fête de Maouloud. Et comble d’aberration, il semble que des fonctionnaires fictifs continuent de percevoir toujours « leurs salaires » au moment où des centaines d’employés de l’Etat (en chair et en os, ceux-là) multiplient des contacts et actions pour recouvrer leurs droits. Et cela dure depuis deux mois. Deux mois que ces hommes et femmes sont sans revenus, la procédure devant leur permettre de rentrer dans leurs droits étant tout aussi complexe qu’himalayenne : les victimes doivent saisir par écrit leur département de tutelle, qui écrit à son tour au Ministère de Finances qui répercute au Ministère de la Fonction Publique, seul habilité à ordonner la régularisation de ces fonctionnaires. En attendant la décision du Ministère de la Fonction Publique, dont la patronne, Dr Coumba BA, a été victime de leur « tazaboud », les fonctionnaires continuent de crier famine plus que les habitants du « Triangle de la Pauvreté » dont le sort inquiète déjà le Programme Alimentaire Mondial.